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Bibliographie
LA MUSIQUE

La musique est un moyen d’expression couramment utilisé comme support de la poésie. Tout événement étant prétexte à la composition poétique. Mais il existe peu, chez les Touaregs, de musiciens professionnels.

La pratique de l’art musical est indifféremment le fait des femmes et celui des hommes. Cependant, il convient de noter une nette spécification quant aux genres. Les femmes pratiquent surtout le tendé, du nom du tambour utilisé. Ce genre adopte une forme responsoriale : un chœur répond en refrain à la soliste, qui marque le rythme sur la percussion. Il existe deux sortes de tendé :
- Le tendé nomnas, ou chant de louanges
- Le tendé n’gouma, ou chant d’exorcisme.

A l’opposé, les chants des hommes sont d’essence franchement lyrique. Le chanteur donne libre cours à l’émotion qui l’anime, sans contrainte rythmique. L’homme chante seul ou bien avec le simple soutien de l’imzad ou anzad (violon monocorde joué par les femmes).
Le répertoire masculin comprend surtout des chants d’amour ou d’encouragement au combat. Chaque chanteur est libre d’enrichir à sa guise la donnée musicale qu’il a recueillie de la tradition.
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LE THE

La tradition du thé n'est ici pas une légende. Il n'est pas rare de se voir offrir plusieurs fois du thé dans une même journée. Prendre un thé, c'est en boire trois. Du plus amer au plus sucré, les interprétations sont légions. Amer comme la Vie, Doux comme l'Amour, Sucré comme la Mort en est une des nombreuses variantes. C'est avant tout un moment privilégié de rencontre et de discussion. Paradoxe, à première vue, un Touareg ne peut pas boire un thé (ou manger) chez des personnes qu'il ne connaît pas.
Souvent, les codes qui régissent la vie nomade apparaissent aussi obscurs dans un premier temps, qu'ils sont clairs après réflexion...
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LES HOMMES BLEUS

La légende et la réalité des hommes bleus tiennent au fait que les chèches (Tagelmoust) ou les gandouras que portent (et plus encore portaient) les Touaregs sont souvent teints à l'indigo. Une couleur obtenue naturellement à partir des feuilles d'un arbuste : l'indigotier. Magnifique bleu foncé aux reflets violets ou rougeâtres, cette teinture a un réel défaut, elle déteint sur la peau et ce même après des mois et plusieurs lavages. Le seul fait de porter des vêtements ou un chèche indigo vous assure donc une ravissante teinte bleue sur toutes les parties du corps qui sont en contact avec elle.
LE TAGELMOUST ( Chèche)

Porté seulement par les hommes, c'est une pièce de tissus en coton léger d'un mètre de large sur cinq à six mètres de longueur qui peut même atteindre quinze mètres pour les grandes occasions. Longtemps limité au bleu, blanc, noir et indigo, on en voit aujourd'hui de toutes les teintes de jaune et de vert.

La Légende du Voile
Un jour d’entre les jours, voilà de cela de nombreuses années, les nobles Chamba (les Chamba sont une autre peuplade nomade, originaire du nord de l'Ahaggar) défièrent en même temps les Ajjer, les Iforas et les Hoggar (Ahaggar). La terreur les clouant au sol, aucun Touareg ne vint au rendez-vous.
Il ne fallut rien moins que les moqueries de leurs femmes pour les décider à combattre. Encore le firent-ils à contrecœur et de si mauvaise grâce que leurs ennemis n'eurent aucune peine à les vaincre. Quand ils revinrent dans leurs campements, honteux et confus, les femmes furieuses les condamnèrent à porter le voile à leur place.

Le Port du Voile et ses Codes
Pendant longtemps en vigueur, ces codes sont aujourd'hui plus ou moins tombés en désuétude dans la plupart des régions.
Les Touaregs l'abaissent sur leurs yeux quand ils voient des femmes. Pour un homme, dévoiler son visage devant des femmes est une honte grave.
S'ils mangent en présence de personnes qu'ils respectent, ils le font par-dessous le voile et ils se cachent le visage sous un vêtement pour boire. Un homme qui ôte son voile de sa bouche devant des femmes (c'est comme s'il avait enlevé son pantalon). Un homme ne boit pas devant son beau-père, même s'il est tenaillé par la soif. Les jeunes gens ne peuvent boire devant les pères des filles qu'ils courtisent. Si un jeune homme le faisait, ce serait aussi déshonorant que s'il commettait un vol. De temps à autre, dans sa tente, l'homme ôte son voile de la bouche. Mais le plus souvent, il reste complètement voilé.
LA CROIX DU SUD

C’est LA constellation symbolique de l'hémisphère austral.
(Dans l'hémisphère nord, elle n'est visible dans son intégralité que jusqu'à 25° de latitude nord.)

La constellation est située au-dessus du Cercle polaire antarctique. En prolongeant vers le bas le grand bras de la Croix du Sud, on trouve la direction générale du sud. En effet, elle tourne sur son axe au fur et à mesure de son évolution dans le ciel, d'où son importance pour la navigation.

Elle est constituée de quatre étoiles brillantes principales, disposées de telle sorte qu'elles figurent les extrémités d'une croix latine.
Son importance est attestée par le nombre impressionant de drapeaux nationaux dans l'hémisphère sud où elle figure. La cinquième étoile, moins lumineuse, y est aussi souvent représentée.

C’est sa représentation qui est l’origine des croix symboles de toutes les villes touaregs (par exemple celle d’Agadez qui figure sur le logo de notre Agence).

Vous pouvez admirer les 21 croix en cliquant sur le mot : croix
La Légende de la Croix d'Agadez

Il était une fois un jeune noble touareg qui tomba follement amoureux d'une princesse dont le père, farouche Amenokal de sa contrée, empêchait l'accès au palais à tous les prétendants par un dispositif de sécurité sans failles. Notre jeune guerrier ne voulant pas braver cet interdit au risque d'un scandale choisit la ruse pour accéder à la princesse, objet de tant de passions. Bénéficiant de la complicité d'une servante, il lui fit parvenir son désir d'établir un mot de passe, afin d'éviter des risques éventuels. La princesse lasse de ces longues attentes qui la séparent de son amour donna son accord et scella ainsi un pacte qui va résister au temps et à toutes les hostilités.
Notre noble alla trouver son forgeron, confident et ami de jeunesse, lui étala sa peine et lui demanda conseil. Ce dernier, au bout de ses réflexions, se proposa de combiner les deux syllabes de " TARA " mot qui signifie " AMOUR " en tamacheq, pour en faire l'objet devant servir de lien entre le noble et la princesse. Les deux syllabes se transcrivent "+" et "O".
Il réalisa l'objet et le présenta à son ami. Celui-ci étonné lui demanda comment s'appelle cet objet ; l'artisan lui répond sur le champ : " TANEGHELT ", qui veut dire " la fondue " ou " la versée ". Il explique au jeune guerrier que pour consacrer son union avec la princesse, il a fondu ensemble les deux lettres-syllabes et qu’à coup sûr leur amour va bien aboutir. Le noble, convaincu que son ami avait caché un pouvoir magique dans cet objet, alla le remettre à la servante complice de ses retrouvailles avec la princesse. Il lui expliqua son utilité. Chaque soir en apportant le dîner à la princesse, la servante plaçait l'objet mystérieux sur le couvercle de l'écuelle, et la princesse savait alors que son prétendant l'attendait. Elle trouvait ensuite une astuce pour la rejoindre. L'aventure se conclut bien et le calvaire de nos deux amoureux pris fin, car le farouche AMENOKAL, père de la belle princesse céda devant tant d’ingéniosité et la puissance de leur sentiment.

Le TANEGHELT devint plus tard un bijoux à part entière, réclamé par toutes les fiancées à leurs nobles servants, elle ne contient rien de magique, si ce n'est la sincérité et la force de la passion qui était à la base de sa naissance. Les artisans qui la fabriquent se sont transmis sa légende de génération en génération. Ils situent sa naissance à l'époque où la capitale de l'Aïr se trouvait à Azelik (les ruines sont visibles à quelques kilomètres de Teguidda-n-Tessoumt, au Nord-Ouest d’Agadez). Les voyageurs étrangers l'ayant remarquée au cou de toutes les jeunes filles l'ont décrite dans leurs carnets de voyages, et sa renommée se répandit dans le monde entier à l'époque où la capitale fut transférée à Agadez entre le XIIIe et XIVe siècle. Mais déjà elle avait deux siècles d'existence.

Les artisans, ayant constaté l'engouement que suscita son prétendu pouvoir magique, ont laissé aller la rumeur, la croix généra beaucoup de profit. Et puis, qui le croirait ? Eux-mêmes sont l'objet de crainte et de toutes sortes de considérations mystiques.

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